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August 14, 2014

Le gouvernement du Québec refuse de secourir des renards en détresse élevés dans une ferme d’animaux à fourrure

Les autorités du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec refusent de secourir environ 80 renards roux en détresse élevés dans une ferme d’animaux à fourrure en Montérégie.

Humane Society International/Canada; Montreal SPCA

  • J. McArthur/Montreal SPCA

Les autorités du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) du Québec refusent de secourir environ 80 renards roux en détresse élevés dans une ferme d’animaux à fourrure en Montérégie. De nombreuses inspections effectuées par le MFFP au cours des dernières semaines ont démontré que les renards se trouvaient dans un état critique et éprouvaient de graves problèmes de santé. Certains souffraient de déshydratation, d’émaciation, de fractures des orteils, de blessures à la queue, de fractures des dents, d’infections des oreilles et des yeux, d’hémorragie interne et de problèmes neurologiques. La situation de ces renards n’a cessé de se détériorer depuis. Environ 10 000 visons avec plusieurs problèmes de santé sont également sur les lieux. Des spécialistes de la faune, des vétérinaires, la SPCA de Montréal et Humane Society International/Canada ont insisté sur la nécessité de faire appliquer la loi provinciale en vigueur pour les renards et autres espèces sauvages vivant en captivité afin d’évacuer ces animaux immédiatement, mais les autorités gouvernementales refusent de prendre des mesures.

Cette position contredit les récentes déclarations du ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis, affirmant que son ministère prenait très au sérieux le bien-être des animaux. Pas plus tard que la semaine dernière, Pierre Paradis annonçait qu’il travaillait de concert avec le ministre de la Justice afin de modifier les obligations des propriétaires des animaux dans le code civil. Il a déclaré également qu’il travaillait sur des réformes majeures des lois provinciales sur le bien-être des animaux, qui relèvent de son ministère.

Rebecca Aldworth, directrice exécutive de HSI/Canada a affirmé : « étant donné que les lois provinciales sur le bien-être des animaux ont été incontestablement violées et que ces renards vivent une situation de détresse depuis plusieurs mois, il n’y a pas d’autre alternative que de les évacuer de cette ferme afin de les soigner au plus vite. Nos organismes, ainsi que nos partenaires, ont informé les autorités gouvernementales que nous étions totalement prêts à les assister dans cette tâche, et nous sommes stupéfaits de voir qu’aucune mesure n’a encore été prise. Si le gouvernement libéral souhaite réellement faire du Québec une province plus accueillante pour les animaux, il doit commencer par faire appliquer la loi en vigueur relative à leur protection. En laissant les renards vivre sur cette ferme, le gouvernement du Québec les condamne à un triste sort et laisse entendre ainsi que dans cette province, on peut abuser des animaux en toute impunité.»

Dr Sherri Cox, vétérinaire spécialiste de la faune qui a évalué sur place la situation des renards au cours d’une inspection du MFFP, a révélé : « Je suis extrêmement préoccupée par la mauvaise santé et les blessures dont souffrent les renards sur cette ferme, qui de toute évidence, ne sont pas soignés. Même leurs plus simples besoins en eau propre et en nourriture ne sont pas comblés. Ils vivent dans un environnement insalubre et nocif pour eux. Ils doivent recevoir de toute urgence des traitements médicaux et être retirés de cette ferme le plus vite possible. »

Lynn Miller, Ph. D., directrice de la réhabilitation de la faune au Fund for Animals Cape Wildlife Center au Massachussets, qui s’est occupée des renards sur la ferme, a déclaré : « Je n’ai jamais vu d’animaux vivre dans d’aussi mauvaises conditions. Ces renards se trouvent dans un état critique, qu’ils souffrent de graves problèmes de santé ou montrent des signes évidents de détresse psychologique. Ils doivent recevoir des soins de toute urgence, sans quoi beaucoup d’entre eux risquent de mourir bientôt. Je réclame leur évacuation afin qu’ils soient soignés et réhabilités immédiatement. »

Alanna Devine, Directrice de la défense des animaux à la SPCA de Montréal a annoncé : « Non seulement, on constate de graves transgressions de la loi actuelle, mais il faut aussi souligner que le cadre législatif actuel autorise les éleveurs du Québec élevant des animaux à fourrure à les traiter comme bon leur semble. Au Québec, à la différence des autres provinces, les fermes d’animaux à fourrure possédant au moins 10 visons ou renards femelles reproductrices, sont exemptés des obligations auxquelles sont sujets les organismes à but non lucratif ou autres centre de réhabilitation de visons ou de renards. Les lois omettent également de fournir des normes minimales de soins pour ces animaux, malgré le fait qu’un Code de pratique volontaire créé par l’industrie existe et pourrait être facilement adopté dans les règlements. Le public devrait se demander pourquoi le ministère chargé de l’application de cette législation, le MFFP, refuse d’agir alors qu’il a le pouvoir de saisir ces animaux compte tenu de la gravité de la situation.»

La SPCA de Montréal et HSI/Canada demandent au gouvernement du Québec de répondre immédiatement à cette situation et de saisir les animaux sur cette propriété, afin de s'assurer que la législation provinciale est correctement appliquée et que des animaux souffrants ne soient pas abandonnés à une mort certaine. De plus, ce cas met en lumière les graves lacunes de la législation en vigueur régissant la faune et les animaux maintenus en captivité, et la SPCA de Montréal et HSI/Canada demandent que les fermes d’élevage d’animaux à fourrure soient soumises à un système de permis et que des normes minimales de soins pour animaux sauvages en captivité soient adoptées dans les règlements.

S'il vous plaît, envoyez un court message au ministre Lessard, exigeant qu'il saisisse les renards immédiatement.

Faits et cadre juridique:

  • La loi provinciale applicable dans ce cas est la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (voir articles 1, 13.1, 16, 18 et 18.1) et le Règlement sur les animaux en captivité (voir sections 3 et 13). L'article 3 du règlement constitue les dispositions fondamentales de protection des animaux pour la faune (tels que les renards), et les animaux exotiques (tels que les perroquets). Très peu d'animaux ont  été saisis par la MFFP jusqu’à ce jour pour violation de l'article 3, et un seul animal a été saisi en 2013.
  • Les fermes d’élevage d’animaux à fourrure au Québec fonctionnent sans aucun contrôle du gouvernement. Alors que les sanctuaires et les centres de réadaptation qui s’occupent de ces animaux sont tenus d'obtenir un permis, les producteurs ne le sont pas et il n’existe aucun programme d'inspection gouvernemental régulier. Les éleveurs sont libres de s'autoréguler et de garder les animaux dans des conditions non conformes aux normes.
  • Plus de 73 000 visons et  renards ont été tués sur les fermes d’animaux à fourrure au Québec en 2010.
  • Agissant sur une plainte déposée pour cruauté envers les animaux, la SPCA de Montréal a d’abord visité les installations, accompagnée par des vétérinaires, au début de mai 2014. Plusieurs renards ont dû être euthanasiés, car ils souffraient et n'avaient aucune chance de réhabilitation. La SPCA a recommandé que des accusations criminelles soient portées, mais elle attend toujours l'autorisation pour ce faire.
  • En raison de diverses contraintes législatives, la SPCA de Montréal a été contrainte de transférer le dossier au MFFP, afin que la législation provinciale liée aux animaux sauvages gardés en captivité soit appliquée. Cependant, la SPCA a offert au MFFP son expertise, ainsi qu’une assistance financière pour la saisie des animaux.
  • Après plusieurs échanges entre la SPCA de Montréal et le MFFP, le 4 août, un groupe de vétérinaires et d'experts de la faune de la SPCA de Montréal et de HSI/Canada ont accompagné le MFFP pour saisir 16 renards arctiques présents sur les lieux. Ces animaux ont été saisis par le MFFP puisque les propriétaires n’avaient pas de permis pour garder cette espèce de renard en particulier.
  • Plusieurs rapports ont été rédigés à la suite de ces visites ; des photos et des vidéos montrent comment la condition des renards s'est détériorée au fil des visites.
  • La SPCA de Montréal et HSI/Canada ont demandé au ministre Laurent Lessard du MFFP de travailler conjointement avec les deux organisations pour faire appliquer la loi et retirer les animaux de cet horrible situation, mais ces demandes sont restées sans réponse.

Média – HSI/Canada: Christopher Paré - 514 395-2914, courriel: cpare@hsi.org

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