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June 17, 2016

Des trophées de chasse issus d'espèces menacées mis en vente dans l'un des plus grands salons de chasse d'Europe

Un rapport de Humane Society International révèle que la France importe en moyenne près de 970 trophées d'animaux par an.

Humane Society International/Europe

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Des voyages de chasse ayant pour but de tuer des centaines d'animaux issus de nombreuses espèces menacées ou en voie de disparition telles que les éléphants et les rhinocéros d'Afrique, seront proposés à la vente ce week-end en France. Selon le nouveau rapport de Humane Society International/Europe, le pays représente le troisième plus grand importateur de trophées de chasse au sein de l'Union européenne, après l'Espagne et l'Allemagne. A l’occasion du « Game Fair », des milliers de chasseurs réserveront des excursions locales et à l'étranger afin de chasser de nombreuses espèces d'animaux.

Le Game Fair proposera un concours afin de remporter le droit de tuer un ours noir au Québec (Canada), dont la valeur peut atteindre 2 000 €. Comme autre prix figure également un voyage avec « Chasseurs d'Afrique » en Afrique du Sud, un organisme de chasse aux trophées disposant d'une réserve de chasse à côté du Parc national Kruger où éléphants et lions, parmi d’autres espèces, peuvent être chassés. Néanmoins, si des chasseurs français venaient à tuer des lions, ceux-ci ne pourraient pas importer leurs trophées directement en France, suite à la décision annoncée en novembre 2015 de ne plus délivrer de permis d’importation pour les trophées de lions.

Le rapport de HSI/Europe a également constaté que :

  • Entre 2005 et 2014, la France a importé plus de 2 800 trophées de quatre des cinq espèces dites « Big Five » d’Afrique : 444 lions d'Afrique, 1 130 éléphants d'Afrique, 1 196 léopards d’Afrique et 65 rhinocéros africains.
  • Les dix principales espèces importées en France au cours de la dernière décennie sont le crocodile du Nil, le léopard d'Afrique, l'éléphant d'Afrique, l'ours noir, le zèbre de Hartmann, le lion d'Afrique, l'ours brun, l'hippopotame amphibie, le babouin olive et le guépard.
  • Il est estimé qu’un total de 9 697 trophées d'espèces animales inscrites au registre de la CITES a été importé en France entre 2005 et 2014, avec une moyenne estimée à environ 970 trophées par an.
  • La plupart des trophées importés en France sont originaires du Mozambique, de la Tanzanie, de la Namibie et d'Afrique du Sud.

La Namibie sera le pays de destination de chasse mis à l'honneur au Game Fair. En 2014, le pays avait déjà été pointé du doigt lorsqu'un chasseur américain, Corey Knowlton, avait acheté le droit de chasser un rhinocéros noir répertorié en danger critique lors d'une vente aux enchères controversée. La semaine dernière, la Namibie a annoncé qu'elle accepterait de répondre à un appel d'offre pour la chasse de trois autres rhinocéros noirs. Alors qu’il n’est pas démontré que les chasses précédentes aient bénéficié à la conservation des rhinocéros, cela encourage les personnes les plus fortunées à payer pour obtenir le droit de tuer la faune sauvage africaine et ce, dans un contexte de braconnage effréné.

Joanna Swabe, directrice exécutive de Humane Society International/Europe a déclaré :

« La mise aux enchères de voyages de chasse pour des espèces  menacées par des organismes de chasse méprise totalement les efforts internationaux menés par la France afin de protéger la faune africaine. Alors que nous saluons la France pour sa décision d’empêcher l'importation de trophées de lions, nous demandons au gouvernement d'étendre cette interdiction à d'autres espèces en péril, et de travailler avec les autres États membres de l'Union européenne afin que ceux-ci suivent l'exemple de la France. »

L'Union européenne est le deuxième plus grand importateur de trophées de chasse après les États-Unis. Les Pays-Bas disposent actuellement de la politique la plus forte au sein des États membres de l'UE, en interdisant l'importation de trophées de chasse de près de 200 espèces. Un nouveau rapport du Congrès des Etats-Unis, intitulé « Missing the Mark: African trophy hunting fails to show consistent conservation benefits » peine à démontrer que l'argent généré par la chasse aux trophées bénéficie à la conservation de la faune en raison de la corruption gouvernementale, d'une application laxiste, d'un manque de transparence, et de la mauvaise gestion des programmes fauniques.

Contact presse de Humane Society International: Christopher Paré (Canada): 514 395-2914, cpare@hsi.org

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